Collier GPS eSEEK GD03 : retrait et rappel ANFR

Le 20 août 2026, l'ANFR a ordonné le retrait du marché français et le rappel du collier de repérage eSEEK GPS HOUND TRACKER GD03 : fréquences non autorisées, puissance dépassée, documentation technique incomplète. Voici ce que la décision change pour ceux qui en possèdent un, et comment vérifier votre propre matériel.
À trois semaines de l'ouverture générale, la révision du matériel bat son plein. Cette année, une vérification s'ajoute à la liste, et elle ne relève pas de la technique : un collier de repérage est un émetteur radio, soumis à des conditions d'utilisation de fréquences fixées par la réglementation. La décision publiée par l'Agence nationale des fréquences le 20 août le rappelle brutalement.
Ce que l'ANFR a décidé, et contre qui
La décision vise un modèle précis, pas une marque entière ni une technologie.
| Élément | Information |
|---|---|
| Marque | ESEEK |
| Modèle visé | GPS HOUND TRACKER GD03 |
| Fabricant | SHENZHEN YIXIE ELECTRONICS CO LTD |
| Mise sur le marché français | VARROT ACCESSOIRES |
| Mesure ordonnée | Retrait du marché français et rappel des produits |
| Base légale citée | Article R. 20-13-1 du CPCE |
| Date de publication | 20 août 2026 |
L'ANFR le formule ainsi : « L'Agence nationale des fréquences (ANFR) a demandé à la société VARROT ACCESSOIRES de procéder au retrait du marché français et au rappel du collier pour chien ESEEK GPS HOUND TRACKER GD03 à la suite du constat d'un non-respect des conditions d'utilisation de fréquences radioélectriques. »
Deux mots à ne pas confondre. Le retrait empêche la poursuite de la vente : le produit sort des rayons et des catalogues en ligne. Le rappel va plus loin : il concerne les exemplaires déjà vendus, déjà posés sur des chiens, déjà utilisés la saison dernière. C'est cette seconde mesure qui concerne directement les chasseurs équipés.
L'Agence précise également que ses agents « poursuivent leurs contrôles afin de s'assurer que ces équipements ne soient plus proposés à la vente dans tous les circuits de distribution disponibles en France ».
Les quatre manquements relevés
Le constat de l'ANFR n'est pas un détail administratif isolé. Quatre non-conformités sont énumérées dans la même phrase :
- Utilisation de fréquences non autorisées. Le boîtier émet dans une bande qui ne lui est pas ouverte pour cet usage.
- Dépassement des limites de puissance autorisées. L'émission est plus forte que ce que la réglementation tolère, ce qui étend la zone de brouillage potentielle.
- Non-respect des conditions techniques d'utilisation des fréquences. Même dans une bande accessible, des règles s'appliquent : largeur de canal, rapport cyclique, puissance apparente rayonnée.
- Procédure d'évaluation de la conformité et documentation technique incomplètes. Le dossier qui doit justifier le marquage CE n'était pas en état.
L'ANFR en tire une conclusion sans nuance : « En raison de ces non-conformités majeures, ce collier GPS pour chien n'aurait pas dû être mis sur le marché français. »
Pourquoi la bande utilisée pose problème
Le fabricant annonce publiquement, sur sa fiche produit, une liaison VHF déclinée en deux versions : bande 160 MHz pour la Nouvelle-Zélande, bande 169 MHz pour l'Europe, présentée comme conforme à la directive RED.
Or la bande 169 MHz n'est pas une bande libre. La décision européenne 2005/928/CE l'a harmonisée pour des usages précis, repris en France par la décision ARCEP n° 2007-0689 du 24 juillet 2007 : aides à l'audition, alarmes sociales — ces boîtiers de téléassistance qui permettent à une personne isolée d'appeler des secours — relève de compteurs et dispositifs de repérage.
Y figurer ne suffit pas. Chaque usage est assorti de conditions techniques strictes : sur le segment 169,4–169,475 MHz, la puissance est plafonnée à 500 mW p.a.r. avec une canalisation de 12,5 kHz. C'est exactement là que mord le constat de l'ANFR — « dépassement des limites de puissance autorisées » et « non-respect des conditions techniques d'utilisation des fréquences ». Un émetteur qui sort de ce gabarit ne reste pas dans son couloir : il déborde sur ses voisins de bande, dont certains sont, littéralement, des dispositifs d'appel au secours.
« CE » ne veut pas dire « autorisé en France »
C'est le point que la plupart des acheteurs ignorent, et il mérite d'être posé clairement.
Le marquage CE d'un équipement radio relève, dans la très grande majorité des cas, d'une auto-déclaration du fabricant. Personne ne vient tamponner le boîtier avant sa mise en vente. Le fabricant constitue un dossier technique, applique la procédure d'évaluation de la conformité prévue par la directive RED, signe une déclaration UE de conformité et appose le sigle. Le contrôle est a posteriori — c'est précisément le travail de surveillance du marché que mène l'ANFR.
D'où la situation présente : un produit annoncé « CE RED compliant » par son fabricant, et dont l'Agence constate quelques mois plus tard que la procédure d'évaluation de la conformité et la documentation technique sont incomplètes. Le sigle était là. Le dossier derrière, non.
Retenez la règle : le logo CE est une promesse du fabricant, pas une autorisation délivrée par l'administration française. Sur un équipement radio importé, cette promesse ne vaut que ce que vaut le dossier technique qui la soutient.
Ce que vous devez faire si vous possédez ce collier
L'ANFR « invite les propriétaires de ces équipements à se rapprocher de leur point de vente ». Concrètement :
- Vérifiez le modèle exact, pas seulement la marque. La décision vise le GPS HOUND TRACKER GD03. La référence figure sur l'étiquette du boîtier, dans la notice et sur la facture.
- Contactez le revendeur chez qui vous avez acheté, en écrit, en citant la décision de l'ANFR du 20 août 2026. C'est lui qui organise le rappel et le remboursement.
- Cessez de l'utiliser en attendant. L'usage d'une fréquence sans autorisation est réprimé par l'article L. 39-1 du CPCE, qui prévoit jusqu'à six mois d'emprisonnement et 30 000 € d'amende. Les contrôles peuvent être menés par les agents de l'ANFR comme par tout officier de police judiciaire.
- Conservez vos preuves d'achat. Facture, bon de commande, échanges avec le vendeur : c'est le dossier de votre remboursement.
Et si le revendeur ne bouge pas
La réglementation ne laisse pas le distributeur en dehors du sujet. L'ANFR cite l'article R. 20-13-1 du CPCE : « les distributeurs qui considèrent, ou ont des raisons de croire, que des équipements radioélectriques qu'ils ont mis à disposition sur le marché ne sont pas conformes à la présente section s'assurent que sont prises les mesures correctrices nécessaires pour les mettre en conformité, les retirer du marché ou les rappeler, si besoin. »
L'Agence ajoute que « en cas d'absence de réaction ou d'instruction de la part du fabricant, il revient aux distributeurs de prendre de leur propre initiative les mesures de retrait et de rappel de ces équipements », et que cette obligation « s'applique aux points de vente physiques comme aux plateformes de vente en ligne ».
Autrement dit : un revendeur qui a importé ce matériel sans faire les vérifications de conformité ne peut pas se contenter de renvoyer vers le fabricant chinois. La charge du rappel lui revient. Si vous vous heurtez à un refus, la DGCCRF est l'interlocuteur à saisir.
VHF, 4G, bandes libres : trois régimes juridiques, pas une seule règle
Il serait faux de conclure de cette affaire que « la VHF est interdite ». Elle ne l'est pas. Ce qui est interdit, c'est d'émettre sur une fréquence sans autorisation, ou en dehors des conditions techniques qui s'y appliquent. Trois régimes coexistent, et ils n'imposent pas les mêmes démarches à l'utilisateur.
| Voie | Bande typique | Régime | Ce que vous devez faire |
|---|---|---|---|
| VHF assignée au repérage canin | 155,600 MHz et 162,250 MHz | Autorisation individuelle d'utilisation de fréquence (AUF), soumise à redevance annuelle | Adhérer à l'ACUFA (environ 15 € par appareil et par an) ou détenir une AUF nominative |
| Bandes en autorisation générale | 433,05–434,79 MHz | Usage libre, sans redevance ni démarche | Rien, tant que le matériel respecte les conditions techniques de la bande |
| Réseau cellulaire | Bandes 4G licenciées | La licence est détenue par l'opérateur mobile | Rien : vous n'êtes pas titulaire de fréquence, vous êtes client d'un réseau |
La première voie est parfaitement légale et pratiquée depuis des années — c'est celle de milliers de chasseurs équipés en VHF, via l'ACUFA, qui a obtenu les canaux assignés en 2012 puis 2016. Elle suppose simplement une démarche et une cotisation. À titre de comparaison, une autorisation individuelle dans la bande 154–156 MHz coûtait, selon l'ARCEP, de l'ordre de 3 000 € par an pour un usage local et 14 000 € pour un usage national : c'est précisément le rôle d'une association que de mutualiser ce coût pour le ramener à quelques euros par collier.
La troisième voie est celle des colliers cellulaires. Elle mérite une explication, parce qu'elle est souvent mal comprise.
Pourquoi un collier 4G ne pose pas ce problème de fréquences
Un collier qui remonte sa position par le réseau 4G n'émet pas sur une fréquence qui lui serait propre. Il se comporte comme un téléphone : il s'authentifie sur le réseau d'un opérateur et émet dans des bandes dont la licence appartient à cet opérateur, sous son contrôle et selon ses paramètres de puissance. Le module cellulaire embarqué est certifié pour ces bandes avant d'être intégré dans le produit.
La conséquence pour vous est simple : il n'y a aucune démarche de fréquence à faire. Pas d'AUF à demander, pas de redevance annuelle, pas de canal à déclarer, pas de risque d'utiliser sans le savoir une bande réservée à des alarmes sociales. Le sujet réglementaire est absorbé par l'opérateur.
Ce n'est pas un argument de supériorité technique — la 4G a ses limites, notamment dans les fonds de vallon sans couverture, et c'est pour cela que l'association d'un lien radio local et d'un lien cellulaire garde tout son sens. C'est un argument de simplicité juridique, et cette affaire montre qu'elle a une valeur.
Un collier 4G sans démarche de fréquence : le RoG Area IV
Le Collier RoG Area IV 4G + VHF est proposé à 165 € au lieu de 179 €. Il fonctionne avec votre téléphone comme récepteur, sans centrale dédiée à acheter. Il est actuellement disponible en précommande : la commande est ouverte, l'expédition intervient à réception du prochain arrivage.
Trois points en rapport direct avec le sujet de cet article :
- Le positionnement passe par le réseau 4G LTE, via une eSIM multi-opérateurs intégrée, avec la première année de données incluse. Les bandes utilisées sont celles des opérateurs mobiles : vous n'avez aucune autorisation de fréquence à demander.
- Plusieurs systèmes de positionnement combinés — GPS, BeiDou, AGPS et LBS — pour une précision annoncée de 5 mètres, avec bascule automatique sur la source la plus fiable sous couvert dense.
- 40 heures de suivi actif et jusqu'à 10 à 15 jours en veille, boîtier étanche IP67, garantie 2 ans, historique de trajets conservé 90 jours.
Soyons précis sur la comparaison de prix, parce qu'elle ne porte pas sur des ensembles identiques. Le pack eSEEK GPS Hound Tracker, qui comprend une centrale portative et un collier, est affiché 599 € au catalogue du fabricant (souvent proposé autour de 450 € en promotion). Le RoG Area IV à 165 € est un collier seul : le récepteur, c'est votre smartphone, il n'y a pas de terminal supplémentaire à financer. Le rapport est donc de l'ordre de 1 à 3,6 face au prix catalogue — et l'écart s'explique en grande partie par cette différence d'architecture.
Si vous préférez une centrale dédiée plutôt qu'un téléphone, notamment pour du multi-chiens, le Collier GPS TR DOG V2 à 229 € associe une liaison VHF et une connexion 4G, se pilote depuis la Centrale GPS TR DOG V2, et celui-là est en stock immédiat.
- Collier RoG Area IV 4G + VHF — 165 € (précommande)
- Collier GPS TR DOG V2 VHF + 4G — 229 €
- Centrale GPS TR DOG V2 — 449 €
Trois vérifications avant l'ouverture
Sortez la notice de votre collier et cherchez trois informations. La fréquence d'émission, en MHz : si une bande VHF assignée apparaît, assurez-vous d'être couvert par une autorisation ou une adhésion en cours de validité. La génération cellulaire : un boîtier purement 2G va cesser d'émettre cet automne, sujet que nous avons détaillé dans Fin de la 2G, quels colliers GPS sont concernés. Le modèle exact et le nom de l'importateur, pour pouvoir agir vite si une décision de retrait tombe. Enchaînez ensuite sur la préparation du chien avec Chien courant, les 4 semaines avant l'ouverture.
Sources
- ANFR — Retrait du marché et rappel du collier GPS pour chien ESEEK GPS HOUND TRACKER GD03
- ARCEP — Conditions d'utilisation des fréquences radioélectriques pour les colliers pour chien équipés d'un récepteur GPS
- Légifrance — Décision ARCEP n° 2007-0689 du 24 juillet 2007 relative à la bande 169,4–169,8125 MHz
- ACUFA — Fréquences assignées 155,600 MHz et 162,250 MHz pour le repérage canin
- Fiche produit constructeur eSEEK GPS Hound Tracker (bandes 160/169 MHz, prix catalogue)
